Des champs de coton

A l'infini

03 octobre 2009

En terrain meuble

La ville est déserte. Plein août. La voiture s’engouffre dans l’avenue rectiligne, tracée au cordeau dans d’anciens temps romains. Se faufiler dans les vieilles rues biscornues jusqu’à la placette. Plus de trois ans déjà et je me sens brusquement étrangère à ces façades meurtries par les pluies et quelques siècles d’oubli.

Je ne lui appartiens pas. Je vole de point en point en attendant des exils brefs. Je n’éprouve aucun mal-être comme en ces cités qui vous sont ennemies dès le premier pied posé sur le quai de gare. Ici, je navigue en eaux pâles et ciel brûlant. Les boutiques et des visages me sont familiers. Il y a même ce café où je me plais à m’asseoir. Pas écrire.

J’écoutais au matin sur cette fréquence inhabituelle une vieille émission sur Simenon. Trésor radiophonique poussiéreux qu’une inertie estivale, où s’efface le diktat des audimats et des sirènes consumistes, ravive. Simenon écrivain déménageur ou voyageur. Je peins, une oreille aux aguets jusqu’à ce que la chaleur trace un point de non-retour. Je laisse les mots couler sur moi. Où réside-t-on vraiment quand les phrases et les histoires vous portent et vous bousculent.

C’est plus tard, arpentant le macadam surchauffé, que l’évidence des ces envols si proches les uns des autres m’apparait. Un « n’habite pas vraiment à l’adresse indiquée » scellé sur mes pensées. Se loger entre les lignes. En terrain meuble et sans inconfort.

Posté par caro_carito à 09:52 - Il y a - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2009

Elus pour le Prix spécial du public.

« Comment tu nous trouves ? » lui souffla-t-elle ?

Il caressa la Une glacé du magazine. La photo ne serait en kiosque que demain mais déjà il trouvait que son twin set en cachemire et son collier de topaze et or blanc faisait ressortir l’éclat de ses yeux clairs. Lui n’était pas beau. Elle, sa perfection de top model le rehaussait de toute sa grâce. Surtout, l’alliance de leurs sourires - éclatant pour lui sur sa peau brune, serein pour elle sur sa teint de nacre - était parfaite de naturel. Ils s’assirent tous les deux dans leur petit salon intime. Les dorures fines leurs rappelaient l’ascension qu’ils avaient appelé de leurs vœux depuis toujours. Ils discutèrent de quelques points de détails pour le lendemain. Elle lui conseilla une cravate et glissa un mot sur un ami. Il se promit d’envoyer dès ce soir un mail rapide à une de ses fouines. Ainsi, il serait informé demain à la première heure des manières les plus efficaces pour approcher et harponner cette cible VIP intéressante. Il était tard et il sentit monter la fatigue de leurs déplacements du jour. A un simple signe de tête, elle comprit et se leva avec grâce. Il l’imita. Il caressa sa joue d’un baiser et entendit la porte se refermer silencieusement. Il devait parfaire un discours, se pencher sur un dossier épineux, vérifier que les membres les plus indisciplinés de ses ministres n’aient pas osé une sortie malavisée que la presse, avide de ces failles impétueuses et rémunératrices, publierait dans l’heure.

Il attrapa un autre magazine people et admira la star en première page, accroché à une rousse améliorée avec la précision d’un bistouri. Il avait vu son dernier film sur son téléphone un jour d’ennui et de réunion internationale. Il ne jouait pas mal. Cela lui vaudrait - murmurait-on dans les milieux bien informés - un prix bien mérité. Lui n’en aurait jamais. Pourtant… Chaque fois qu’il voyait son reflet ou celui de son épouse dans les clichés glamour, les apparitions télé et dans le regard de ceux qu’ils croisaient, il savait que tous y croyaient, à cette destinée artistiquement mise en scène. Qu’ils aiment ou qu’ils abhorrent. Il regarda à nouveau la photographie de couverture où s'étalait leur bonheur conjugal. Ils étaient, tous les deux, de sacrés bons acteurs, jouant leur partition avec un naturel confondant, sans dévoiler la moindre once de cet appétit de pouvoir qu’ils partageaient et qu’ils géraient d’une main de fer. Ils avaient été élus grâce à cela, lui par le peuple, elle par le fait du Prince. Seraient-ils à nouveau couronnés en 2012 ? Il sourit. Il en était certain. Ils étaient les meilleurs.

Posté par caro_carito à 16:51 - Nouvelles - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2009

Le fil rouge

« Elle a pris des couleurs » pense-t-elle, en caressant ses cheveux épais. La fillette sourit et lui tend un livre. La jeune femme s’en saisit, s’étonnant de la couverture rouge défraichie. La voix flutée murmure, craintive. « Mamie n’a pas fini de me lire les histoires. Elle m’a dit que je peux le ramener à la maison. » Elle fixe l’enfant qui soutient son regard. Surtout, ne pas s’emporter. A chaque retour de vacances, sa fille revient avec des jeux, des habits qui s’entassent dans la chambre exigüe.  Elle réprime les mots impatients qui vont jaillir de sa bouche. Ne pas lui faire de peine, en tout cas pas aujourd’hui alors qu’elle vient de rentrer. Pour rejoindre Paris, il y a deux ans, elle a laissé derrière elle, meubles, tableaux, livres. Editions de poche, dictionnaires, encyclopédies, tout est resté dans des cartons, dans le grenier. Soigneusement étiquetés et rangés à côté de la malle aux déguisements et des coffres à jouets. Ici, l’espace est compté. Le lit de la petite est coincé entre une lucarne et un minuscule bureau. Un tapis au bord duquel s’entassent trois caisses en plastique coloré remplies de poupées et d’une dînette dépareillée.

La fillette s’est endormie avant la fin du récit. Elle entend ce souffle enfantin gonflé de nostalgie. Finies les cavalcades entre cousins. Adieu parties de cache-cache dans les hautes herbes, les pâquerettes tressées en couronne. L’enfant n’aime pas la capitale, ni ce deux-pièces humide où personne n’est jamais invité.

Elle baisse en silence le store. La nuit tombe plus tôt en septembre. C’est sûr, elle ne trouvera pas le sommeil. Pas tout de suite. La tristesse qui bouscule le sommeil de son enfant, l’a saisie. Il a suffi d’aller la chercher à la gare, de sentir dans ses cheveux l’odeur des Landes, épaisse. Le sourire triste de sa mère quand, dans ce salon de thé propret, l’enfant racontait ses vacances : les dessins les rares jours de pluie, les glaces qui fondent toujours trop vite, les photos de Pierre. « Il a grandi, tu trouves pas ? Pas autant que moi. »  La rapide étreinte, la larme vite essuyée alors que les derniers voyageurs se bousculaient sur le quai. Cette main suspendue alors que le train rapide a déjà atteint la petite couronne. Dans le métro, mère et fille se sont tues, appuyées l’une contre l’autre. Les bruits du vieil immeuble, rue Victor Dupuy, les ont accueillis, plus éprouvants que le silence. Cette vie pressée qu’elle ne supporte plus. Le concours cette année et après…

Comme l’enfant, le sommeil s’est emparé d’elle. La ville en apparence apaisée s’est réveillée d’un coup de klaxon strident. Elle passe un doigt sur la déchirure qui zèbre la couverture brillante. Elle respire les pages jaunies et sent revenir par bribes l’enfance. L’enfant se retourne avec un petit cri. « Pierre… ». La jeune femme ferme les yeux. Si seulement elle pouvait oublier la mezzanine sur laquelle elle se réfugie le plus tard possible, le plafond aux auréoles jaunes et les cafards qui reviennent sans cesse. A quoi bon tous ces pièges qu’elle déniche dans le grand Bazar. Elle serre contre elle le vieil album encombré de poussière. Si elle pouvait échanger l’odeur poisseuse et écœurante de ces murs contre ce parfum de papier vieilli. Combien de temps allait-elle tenir encore?

A nouveau, le petit corps remue, soupire. Ce prénom comme un souffle qui s’apaise. Un ami proche, un frère d’armes ? Elle ne se rappelle aucun Pierre. Et, l’enfant n’a pas voulu parler. Du bout des lèvres, un laconique « Il est gentil. » Tandis que le regard gris-bleu glisse vers le quai bondé, il lui a semblé deviner une larme derrière le verre des lunettes roses. Fugace tristesse que le départ du métro dissipe. Au souper, elle espérait que le joyeux babil mentionnerait par mégarde ce prénom auquel elle n’a jamais prêté attention. En vain. L’enfant était restée sur ses gardes, protégeant jalousement l’entrée de son jardin secret. Elle s’approche du visage endormi dont la nuit accentue la fragilité. Elle soulève une mèche égarée sur la joue. La fillette n’a pas évoqué son père, ni sa compagne. Pas plus que le petit frère à naître. Pourtant elle les a vus, elle le sait. A plusieurs reprises même puisque le couple a - surprise ! - profité d’une proximité estivale pour rencontrer la fillette.

Le marque-page a glissé sur le parquet et le livre s’est ouvert à la dernière page lue. Elle n’a pas eu le temps de dévoiler la fin dont elle se souvenait pourtant dès les premières phrases. A Noël, elle recevait un épais livre de contes qu’elle espérait, à chaque fois, interminable. Certains avaient sa préférence. Celui-là, elle l’avait usé à force de relectures. Elle en aimait les délicates illustrations, les robes de soie qui habillaient les héroïnes. Les visages au teint d’albâtre et les lourds chignons. Des histoires de renarde et de fantômes. Son regard s’arrête un instant sur une estampe, elle se rappelle cette histoire de cordon rouge unissant en secret deux destinées. Lien invisible, immortel, inaliénable. Elle en avait dévoré les phrases, la chair. Elle pouvait nier, s’illusionner, elle ne l’avait jamais oubliée ; elle avait cru de toutes ses jeunes illusions à cette prédestination. Et elle avait conservé au fond d’elle cette certitude irrationnelle qu’un autre se cachait quelque part, relié par un mince fil rouge, invisible. Un double, une âme jointe.

Le front de l’enfant est mouillé de sueur. Elle effleure ses tempes fines. Il faudra encore quelques jours à la petite pour quitter l’habitude des fraîches nuits de campagne et supporter l’air compact et surchauffé de leur foyer. Comme elle ressemble à son père avec ces longs cils noirs et cette inquiétude qui court le long de ses gestes brusques. Des intonations d’une ancienne vie commune émaillent parfois ses phrases enfantines. Cet homme, le père de Jeanne, ne sortira jamais entièrement de sa vie. Rares sont les fois où ils se rencontrent maintenant. Sur le seuil d’un échange, quand l’un des deux repart, après avoir happé une menotte chargée de bracelets acidulés. Il a beau accuser quelques rides, il reste cet être drôle et enthousiaste dont elle s’est immédiatement éprise. Elle le devine loin, amoureux, embarquée avec une autre femme et des chimères à n’en plus finir. Les aspérités de l’existence glissent sur lui alors qu’elle-même se débat toujours, entre hésitations et incertitudes.

Elle soupire. Elle n’aurait jamais cru qu’ils connaîtraient la banale fin d’un couple. Elle se revoit lui annonçant l’enfant à venir. Ce fugace sentiment d’invincibilité, effleurer l’éternité. Puis, un jour, la réalité s’invite. Les soucis débarquent et marquent les paroles d’une intonation trop vive, amère. Les disputes et les rancœurs qui, malgré les sourires, ne s’effaceront jamais. Le silence s’installe. La peur étouffe les phrases lapidaires. Les réconciliations qui n’en sont plus. Ignorer le désastre. L’angoisse de l’argent qui manque. Les projets qui s’anéantissent au rythme des agios et des chèques refusés. Un jour, trouver un billet banal et une clef. Il ne peut plus supporter la situation, il préfère partir. Ce jour-là, elle aurait préféré découvrir qu’il ne l’aimait plus.

Il lui a fallu du temps pour abandonner la colère qui la rongeait. Même à la naissance de Jeanne. Surtout à sa naissance. Elle avançait alors à l’aveugle. Et puis, l’affection a pris le pas, grignotant la peine, petit bout par petit bout. Elle a doucement accepté ce qui lui avait paru au-dessus de ses forces. Pardonné la jeune fille aveugle et légère. Elle n’apprécie pas vraiment la femme qu’elle est devenue. Professionnelle et sur ses gardes. Elle se sait lourde, entraînée par le poids de ce qu’elle a laissé faire. La première fois qu’ils se sont revus, à une audience au tribunal, sa sérénité lui a sauté à la figure. Il avait su se protéger. Pas elle. Il lui fallait, coûte que coûte, affronter les amours passées qui savent si bien raviver les anciennes blessures. Mesurer la perte de l’insouciance qui ne reviendra plus une fois l’âme désertée. Elle avait décidé de ne plus jamais prononcer son prénom bien qu’elle l’entende parfois de la bouche de sa mère. Ou qu’elle l’aperçoive au bas d’un chèque agrafé à un bristol. Elle oublie sciemment, trie méthodiquement ses souvenirs. Dans la pénombre de la chambre, elle serre encore le vieux livre contre elle, s’enivre de cette odeur poussiéreuse d’enfance. Elle aurait dû savoir que ce n’était pas lui. Pas le moindre fil, même léger, infime, ne les relie. Un nuage de poudre aux yeux. Sans plus. Entre eux, il n’y a que l’ombre de Jeanne. Et des regrets.

Elle voudrait être campée en terre comme un arbre solide. Elle aimerait prier avec force que l’enfance et ses fariboles se dissolvent. Savoir effacer d’un trait décisif tout ce que l’on croit un jour, dur comme l’airain, croix de bois, croix de fer. Laisser sur le bord de sa vie les talismans obsolètes. Rien ne se passe. Aucun bruit ne vient troubler la carcasse du vieil immeuble, ni la rue étroite et embouteillée. Entre ses doigts, elle croit voir briller le mince cordon de satin. Quelque part… Elle sait que ce lien existe et qu’il conduit vers l’autre. Elle peut hausser les épaules, se tanner le cuir du cœur et ne plus jamais croiser les doigts. Jusqu’au mot fin, jusqu’au dernier inconnu croisé, elle sentira ce léger souffle de poussière et de dessins défraîchis revenir à elle. Jusqu’à son dernier souffle. Oui, elle le sait, elle le sent glisser le long de sa cheville. L’invisible fil rouge.

Posté par caro_carito à 08:00 - Nouvelles - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mars 2009

Genre: nouvelle

Commentaire:

Le genre qui a ma préférence

La cravate m'a fait penser au suicide. Sinon un proverbe? Et un polar en 5 lignes, :o)

Pour Wagner, je n'ai pas réussi à mettre "la lame du couteau s'incrusta délicatement dans la croute fondante"

Pour le miracle, je voyais un couple, les noces de Cana et le lac de Tibériade. Et j'ai pu placer un Gigondas et une cuvée 2005

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Thème: Cravate ou t-shirt

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Une gabardine usée jusqu'à la trame

Columbo passa une main dans sa tignasse ébouriffée et s'étonna.

"Une cravate pour se pendre? Impossible, la victime était en T-shirt.

Bon sang mais c'est bien sûr." Il se retourna vers le présentateur vedette

"Cette cravate, c'est celle que vous portiez pour le 20 heures."

En regardant l'amant menotté passer la porte, l'inspecteur ralluma son cigare.

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Sujet: Wagner ou fromage

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Faute de goût

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C’est l’heure, dit-il en lui tendant un carton au bord doré.

Elle admire son frac, étouffe un bâillement de sa main baguée et repose le bristol.

Elle entend la porte d’entrée claquer.

Dédaigner les Strauss et le Limburger. Bayreuth toujours…

Cela vaut bien un fromage… Et un divorce sans doute.

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Thème: Il y a de l'eau de la cave

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Miracle

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"Il y a de l'eau dans la cave!" gémissait une Marie-Madeleine échevelée.

Son mari posa sa main sur l'épaule tremblante.

Il se dirigea vers l'escalier non s'en s'être saisi auparavant d'une cruche.

Il ôta ses sandales et marcha sur la surface brillante.

Il se pencha et lui dit " Avant de m'y mettre, pour ce midi, un Gigondas 2005, ça te va comme miracle?"

Posté par caro_carito à 16:04 - 50ième défi du samedi - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Genre: alexandrins, haïkus et proverbes inventés et rimés

Commentaire: raccourcissement et Terreur, j'aime assez l'histoire et j'avais eu une excellente prof de français (belge) qui nous avait fait étudier de fond en comble la révolution française et ses racines.

Pour les hommes, j'avais envie de prendre le genre humain et non l'opposition homme/femme

Pour les proverbes, le cocktail vitamines, oméga... m'a ramenée au grec ancien. J'adorais petite. Et je ne vous fait pas de dessin pour le poil sur la langue ; par contre je peux vous en faire pour certains portraits de femme de Picasso. Vous choisirez vos périodes.

Pour Cicéron, j'ai pensé à mon jardin en hiver et à un gato espagnol par le lait alléché...

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Genre: alexandrins

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Thème Tout ce qui dépasse sera raccourci

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Chez le coiffeur Guillotin

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Tout ce qui dépasse sera raccourci pense Louis

Rentre tes épaules. Ta tête. Ta perruque! Trop tard...

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Thème à quoi servent les hommes

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A quoi servent les hommes, pensa le tigre.

Ils sont laids, fades, se dit-il en mastiquant.

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Genre: proverbes

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Thème: femme avec poil sur le ventre

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Femme avec poil sur le ventre, tous feux éteints

Récolterez cheveu sur la langue, au petit matin

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Thème: Comment devenir intelligent

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Recette de bonne femmes

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Vingt vitamines chaque jour prendra,

Oméga et grec ancien sans faillir tu consommeras

et ton intelligence croîtra.

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genre: haïku

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Thème: Perpendiculaire et parallèles

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Cours de dessin

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Un compas dans l'œil

Picasso rêve la femme

Le peintre veille

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Thème: Cicéron c'est pas carré

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Cicéron pensif

Six sont ronces en carré

Racines ôtées.

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Thème: Gâteau vite fait et bon

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Un Gato, uno!

A Sarragosse

Cour ombrée,  jatte de lait

Chat à pas velours

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Posté par caro_carito à 15:52 - 50ième défi du samedi - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Genre: quatrain et sonnet

Commentaire: juste la rime... et une vision d'une taverne, anglaise, moyenâgeuse et finalement... n'importe quand. Et puis cette étrange origine du monde si philosophique... dans le titre!

Et j'étais nulle en philo. par contre un verre de bon vin...

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Thème: la bouteille avait du culot

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A plus B, la bouteille avait du culot,

Le vin se mêlait à ma thèse spinozienne.

Je laissais la philo pour une théorie dionysienne

B plus A. Que la serveuse avait le cul haut!

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Thème: 40°5

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Extension du domaine de la joute poétique, sur un commentaire de papistache

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La bouteille a du culot, hypothèse zéro

Le vin se mêle à ma thèse spinozienne.

Et je laisse la philo pour une théorie dionysienne

A plus B. Que la serveuse a le cul haut!

.

Kant me colle plus mal au crâne

que la dive boutanche et ses 40°5

Aux santés de Lock et Descartes, je trinque

En lorgnant les rondeurs qui devant moi se pavanent.

.

C'est alors que se plante dans mon esprit enfumé

cette question existentielle. Cette beauté

porte-t-elle culotte, string ou dentelle ?

.

D'une main leste, je palpe, je tâte, pour au final

accéder à l'axiome premier, tableau éternel

du monde dont Courbet peignit l'original.

Posté par caro_carito à 15:38 - 50ième défi du samedi - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Genre: sonnet

Commentaire: Je ne savais pas ce que voulait dire Virelangue... D'où la zingara zézayante. Et ensuite le boeuf musical. Et qui vole un oeuf...

Quant à la crapaude, une pensée à Jean de la Fontaine et à une crapaud cornu mentionné je ne sais où.

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Thème: bœuf virelangue

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Tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de chanter

.

Un saxophone et un xylophone aphone….

La zingara zézayante hésitait

La fausse fosse du public se défaussait

Si ça continuait, bientôt personne.

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« Pas d’omelette sans casser d’œuf »

Aux musicos lance l’imprésario,

« oublie ton soliloque et ton solo

Ce qu’il nous faut ,c’est un bon bœuf !»

.

L’orchestre s’emballe

Et  l’auditoire partout s'étale

Zézette Virelangue tremble et puis ondule

.

Et c’est sans un couac et un cahot

Que la vedette  mugit et stridule

Jusqu’au final en do

.

Type: sonnet régulier

Thème Quelle est la femelle du crapaud

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Commère Quelle, Maître Quil et Auxquels (s’ajoute) Salamandra maculosa.

.

Quelle est la femelle du crapaud, de Maître crapaud,

Laquelle s’enticha d’une salamandre plus âgée.

Cette coquine dans les hautes herbes la rejoignait

Tandis que son époux marronnait comme un sot.

.

Cette Quelle ! Toute bestiole lui tire son chapeau.

A la barbe de sa boueuse moitié,

En Phrynosoma cornutum le transformait

Et pourtant l’ingénu baveux se réjouissait de son lot…

.

C’est que commère Quelle avait ramené avec elle,

De ses amours clandestines, une ribambelle

A la robe tachetée de jais et d’or mythique.

.

Le paternel, fier comme Artaban, oubliant

Son ventre mollasson, ses cornes et les regards obliques

Clamait que jamais jardin ne vit plus belle lignée d’enfants

Posté par caro_carito à 15:31 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Genre: quatrain

Commentaire: en achetant mes journaux de la semaine, j'ai vu que Linda de Souza était ruinée et ....

Le deuxième... Hé bien évidemment la mythologie et le fait que des fois j'ai l'impression que chaque journée s'écrit. Pour le titre j'ai hésité avec une composition utilisant matutinal...

Thème: La peinture n’avait qu’un défaut

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Chirurgie chimique

.

Linda attrapa la bouteille de White Spirit entamé

Et frotta du bout du chiffon une tache orange

Sur le bout du nez d’une femme aux traits d’ange

« Mon Botticelli ! » et le vicomte s’écroula, foudroyé.

.

Thème: Elle écrit tôt

.

Matines

.

Eos, dès l’aube, déploie dentelles

Organza de brume, ors sur des terres gelées.

D’un battement de cil, pointe la rosée.

D’un trait de ciel,  s’écrit une journée nouvelle

Posté par caro_carito à 15:15 - 50ième défi du samedi - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Genre: abécédaire

Commentaire:

L'exercice le plus dur pour moi.

Evidemment, référence à Zola pour le premier et les tissus, les marchés d'étoffes m'ont toujours fascinée. J'ai hésité car je ne sais pas pourquoi ce rideaux sur fenêtres arrondies m'a fait penser à un ventre, une femme enceinte et une légère chemise qui flotte par dessus. mais je n'avais pas envie de creuser la question.

Le deuxième c'est surtout le titre qui m'a fait rire...

.

Thème: rideaux pour fenêtres arrondies

Au bonheur des dames

-   Ajourées ? Batistes ? Cotonnettes ? Drapées ? Empesées ? Festonnées ? Gaufrées ? Harmonisées ? Indiennes ? Jersey ? Kaki? Linon ? Moirées ? Nylon ? Organza ? Plumetis ? Quilté ? Rayonne ? Satinées ?Taffetas ? Uni ? Velours ? Washables ? XXL ?

-    Yes.

-    Zéphyrine ?

Thème: les addictions amoureuses

Evasion de l'ïle de la tentation

"Amour butine", chantait délicieusement Emmanuelle. Fringuant, Gigolo hésitait: "Idylliquement jalouse, Katia lascive? Mélodieuse nymphomane onirique? Pertinente question? " Rattrapant sa tentatrice ultime, voyage Wagner, xénophile,  Yeoman  zutiste.

Evasion de l'ïle de la tentation

"L'amour qui Butine", lui Chantait avec Doigté Emmanuelle. Fringuant, notre Germanique Hésitait: "Idylle et Jalousie avec Katia ma Léonine. Ou Mélodie Nymphomane avec O comme Point de Quiproquo. "Et il Rattrapa sa Sexy Tentatrice, tel Ulysse en Voyage, notre Wagner Xénophile sur sa Yole de Zutiste.

Posté par caro_carito à 15:08 - 50ième défi du samedi - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Genre: tautogramme

Commentaire:

J'ai un peu de mal avec les humoristes du moment. Je les trouve assez méchants et, surtout, un peu vaniteux comme s'ils pensaient que leurs bons mot valent ceux d'Alphonse Allais ou Guitry. Mais je suis sans doute sévère...

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Sujet: les tripotages dans la politique

Démasqué, Dominique, dit doigts de Déluré, décoche des diatribes désespérées dans des diètes décimées de députés. « Désolée, -  décrète Danièle désenchantée – Des délégués  dénaturés, dévergondés, débraillés, dehors ! Découchez des domaines des débatteurs. Décampez ! »

Déblayé, débarqué, déboulonné, Dominique, dépité, déboussolé, déambule. Domi, dernier dauphin des douteuses  dynasties dorées,  devra débattre des dangers des demoiselles dactylos. Du désordre des débauches débridées.  Déclin dantesque. Dégringolade démesurée.

Des détracteurs dénoncent des desiderata déplaisants, dégoutants, des demandes de dépravé. Des dogmatiques décochent des déferlantes de dards déloyaux. Décomposé,  Dominique déballe des défaites doublées  de défections

Dédaigné, délaissé, Domi découvre du déshonneur  des dirigeants désacralisés, des défaveurs durables. Dépossédé des démocrates, Dominique disserte des dommages désastreux des dégringolades. Déraillement donjuanesque déplacé, dès demain demi-mort. Dans deux décennies, Dominique désirera, des désordres, délivrance.

Déconvenue des démiurges désinvoltes. Déliquescence des demi-dieux. Délinquant démystifié devra déchoir de dégainer dare-dare. Dorénavant, devant, devenir du damné dantesque. Désormais, disparaître des déjeuners des démagogues.

Diantre, destinée devenue drame. Dissipation devenue désastre. Dominique devra distancer  des douleurs doublées de désenchantements. Définitivement,  drapé des discours dominicains, distinguer dépravation des devoirs démocrates des députations.  Discipline du désert? Disparition du diplomate ? Duo de décisions. Dilemme du diptyque des destinées.

Posté par caro_carito à 15:02 - 50ième défi du samedi - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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